2021 : Les bonnes astuces de Jill Cousin

2021 : Les bonnes astuces de Jill Cousin

Plutôt que de vous mitonner les habituelles résolutions ou tendances pour l’année qui vient, ce mois-ci on a voulu vous proposer une approche plus douce : les astuces pleines de bon sens et de bon goût de la journaliste Jill Cousin ! On a donc passé un petit coup de fil à l’autrice du génial Manuel du bon sens cuisinier, pour parler des gestes simples à adopter pour une alimentation qui ne manque pas de jugeote. 

 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ? 

Je suis journaliste spécialisée dans l’alimentation durable depuis 6 ans. J’ai commencé avec un angle plus gastronomique, mais au fur et à mesure des rencontres, et après avoir passé un an dans une ferme en permaculture, j’ai commencé à beaucoup m’intéresser aux problématiques liées à l’agriculture durable. Depuis, l’angle de la durabilité est devenu central dans mon travail et la restauration comme l’alimentation passent par ce filtre-là. 

 

Quelles sont vos actualités ? 

En mars dernier, nous avons lancé avec quelques amies, le Marché Vert, une carte collaborative en ligne qui recense les points de vente en circuit-court partout en France ! L’idée était de soutenir les producteurs et artisans, en recréant des canaux de distribution et donc du lien avec les consommateurs. Vu l’intérêt que cette carte a généré (3 millions de vues, et 2000 adresses recensées en l’espace de 3 mois), on a décidé de développer une application qui sortira au printemps ! On y retrouvera un foisonnement d’adresses en circuit court lesquelles seront toutes assorties d’une fiche présentant les pratiques (label, taille de l’exploitation, utilisation ou non de produits phytosanitaires…) du producteur.rice ou du commerce.

Depuis que j’ai emménagé à Marseille, j’ai également lancé un collectif qui s’appelle Hors Champs et qui a pour but de promouvoir les circuits courts et l’agriculture vertueuse dans la région. Une fois par mois, on organise un marché de producteurs, avec une offre de restauration ainsi qu’un.e vigneron.e nature. 

 

Vous avez également publié un livre : Manuel du bon sens cuisinier. De quoi s’agit-il ? 

Pour moi, le bon sens cuisinier, c’est l’attitude qu’on devrait essayer de tous et toutes adopter. Il faut essayer de consommer des produits de saison, redonner toute son importance au végétal, être très attentif à la manière dont on choisit et consomme viandes et poissons. 

L’autre approche, qui me semble très importante c’est le gaspillage alimentaire. C’est d’ailleurs très présent dans mon livre, j’ai voulu montrer qu’on peut le réduire très facilement, grâce à quelques recettes et astuces pour utiliser chaque partie des aliments. 

 

Pourriez-vous nous donner quelques exemples ? 

Au retour du marché, je rince soigneusement les herbes aromatiques puis je les stocke dans une contenant hermétique entreposé au frigo, elles tiennent ainsi une semaine. Pareil pour le mesclun ! 

Je cuisine tout de suite les fanes, plus fragiles que le reste, en soupe, pesto ou purée. 

Je n’entrepose que les produits les plus fragiles au réfrigérateur, le reste est stocké dans mon garde-manger. Et surtout, je n’hésite pas, si les fruits et légumes sont un petit peu abimés, à les conserver en soupe, compote ou confiture ou bien à les ajouter dans l’appareil d’un gâteau ! 

Et sinon, en hiver, j’use et abuse des pickles de carottes et radis daïkon ainsi que des conserves de compote de pommes/poires/fleur d’oranger, ou encore des agrumes au sel. Les derniers en date, des yuzu ! 

Je sais que pour certains cela peut être compliqué, en fonction de l'habitat, mais le compost c’est vraiment le jour et la nuit en termes d’anti-gaspi.

Et puis bien sûr, rencontrer les producteurs, c’est primordial car cela a un énorme impact sur notre manière de cuisiner. Il y a un respect qui se crée, et surtout cela apporte beaucoup de couleurs, d’humanité et d’idées dans nos assiettes, car les producteurs sont souvent de bon conseil !

 

crédit photo : ©David.Japy